CYBERHARCÈLEMENT : LE VIRTUEL EST BIEN RÉEL !

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Quand on s’intéresse au cyber harcèlement, on se rend rapidement compte de plusieurs choses :

  • En France, les réponses juridiques à ce phénomène grandissant sont quasiment inexistantes
  • Les victimes sont seules
  • Les harceleurs sont excusés car il ne s’agit pas de la vraie vie.

DU VIRTUEL AU RÉEL, IL N’Y A QU’UN ÉCRAN

On a le droit de trouver l’amour sur Internet : les sentiments sont bien réels. On doit être authentique sur le web, créer, partager et échanger avec sa communauté. De la même façon qu’on le ferait dans la vraie vie, avec son réseau. On échange, on débat tous les jours sur le web comme on le fait avec un collègue ou un ami : et ça ne choque personne ! Alors pourquoi, lorsqu’une personne est victime de cyber harcèlement, on lui dit de fermer les yeux, que c’est pas la vraie vie ?

À partir de quel instant avons-nous admis que les insultes, les injures et les menaces étaient inoffensives car écrites depuis un ordinateur ? Une menace de mort, envoyée par mail ou par la poste, ça reste une menace de mort.

SI ON EST HARCELÉ, C’EST QU’ON LE MÉRITE

Aaaaaah cette phrase. Oui, mais XX a été harcelé parce qu’elle/il s’expose ! Bah oui, c’est évident. C’est une personnalité sur Internet, alors rassemblons-nous pour lui taper dessus tous ensemble. (Ceci est de l’ironie, hein, je précise au cas où).

BULLSHIT. FUCKING BULLSHIT. On est exposé en permanence ! Quand on se promène dans la rue, quand on va chercher son pain, quand on est dans le métro, quand on prend part au débat lors du repas de famille entre Papi et Tonton. Sur le web, au même titre que dans la “vraie vie” on a le droit d’exprimer un avis et d’être plus ou moins visible.

Où est-il écrit que la célébrité donnait une accréditation spéciale pour être menacé ou insulté publiquement ?

DE HARCELEUR À HARCELÉ, IL N’Y A QU’UN PAS

Le plus triste, c’est qu’en cherchant bien, parfois sans le vouloir, parfois sans mesurer l’impact des ses mots et de ses gestes, parfois volontairement : ON A TOUS ÉTÉ HARCELEUR. Et ce qui m’anéantit, c’est qu’aussi bien dans la “vraie vie” que dans la “vie virtuelle” on ne bouge pas. On reste là et on ne fait rien. Ou pas grand chose. Alors, je sais bien, que la plupart du temps, c’est juste pour rire, c’est qu’un simple message. Mais allez donc expliquer cela à la personne qui reçoit un, deux, trois, dix, cent messages insultants, menaçants, dégradants parce qu’elle essaie de prendre la parole.

Quand j’en ai parlé avec mon entourage on m’a sorti la carte de la liberté d’expression. JOKE. Alors, je vais casser un mythe : non. La liberté d’expression elle est définie de manière bien précise dans la loi. L’incitation à la haine ou encore l’atteinte à la vie privée n’en font pas partie.

Si vous voulez réviser, je vous conseille d’aller lire cet article.

On m’a aussi dit que de toute façon, on ne pouvait plus rien dire. C’est vrai. Sur de nombreux sujets, chaque virgule est devenue polémique. Mais cela ne veut pas dire que l’on ne doit pas accepter la critique : la critique est enrichissante, si elle est constructive. Donc on peut échanger à partir du moment où ça se fait dans le respect. C’est aussi simple que ça.

L’éducation serait une solution ? J’y crois. Mais il faut envisager une éducation globale, une éducation digitale : pourquoi la personne qui se comporte convenablement dans la rue, devient un monstre sans limites sur le web ? Est-ce qu’un pseudo et un écran suffisent à réveiller nos parts les plus sombres ? J’en doute.

Il est temps de devenir responsable. Internet c’est un instrument : à nous de composer les mélodies qui nous ressemblent. À nous d’en faire un espace de liberté et de partage bienveillant.

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Comments

  1. Merci pour cette belle mise au point.

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